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CHOCOLAT- MENIER

Par la modération de ses prix, par sa bonne qualité, le Chocolat - Menier a acquis une réputation méritée ; il a pris place parmi les aliments d'une consommation générales. Nos moyens de fabrication ont dû suivre la progression du débit, et nous sommes en mesure, aujourd'hui, d'en fabriquer 2.000 kilos. par jour. Tout récemment, nous venons d'appliquer la vapeur à notre usine, comme moyen de chauffage, dans le double but, de conserver au chocolat tout son arôme primitif, et de le préserver de toute odeur étrangère.

Mais à coté de cette réputation si bien acquise, la contrefaçon a étalé ses produits ; impuissante à rivaliser pour la qualité, elle a honteusement spéculé sur la confiance du consommateur, en imitant la forme du Chocolat - Menier, ses enveloppes et jusqu'aux médailles dont ses étiquettes sont revêtues.

Nous avons combattu cette concurrence avec ses propres armes, en nous contrefaisant nous-mêmes, en établissant au dessous des prix de nos contrefacteurs, un chocolat qu'on pourrait prendre à première vue, aussi bien que le leur, pour du Chocolat - Menier ; mais il ne porte pas notre nom. Quoique cette sorte soit fort peu demandée, nous en donnons, néanmoins, le prix d'autre part.

Comme la similitude extérieure d'un produit n'en constitue pas la qualité, le public a fait promptement justice de ces contrefaçons, qui n'ont servi qu'a faire ressortir la supériorité du vrai Chocolat - Menier.

VERRERIE ET POTERIE

Nous avons mis un soin extrême à faire reproduire la forme et les ornements des pots de porcelaine. Cette planche permettra au pharmacien éloigné de Paris, de faire un choix des objets qui conviennent à son goût, avec autant de netteté que s'il était dans les magasins les mieux assortis.

ÉTIQUETTES A BOCAUX DE PHARMACIE

Deux planches exécutées avec le plus grand soin, présentent les modèles les plus variés de deux fabriques dont la réputation est bien établie (SAINTON- FROYER).

Elles reproduisent sur une petite échelle, avec une parfaite exactitude, le dessin de la vignette, la contexture et le papier de chaque étiquette.

PREMIER ÉTAGE DU MOULIN

L'usine se divise en trois étages ; celui par lequel on entre referme :
Un jeu de meules verticales en grès agissant sur un bassin en fonte de fer non tourné, mais suffisamment poli pour que le lavage en soit facilité.

Un autre jeu de meules verticales en pierre, dont la circonférence est garnie en fonte, et qui opèrent dans un bassin en fonte comme le précédent. Cet appareil est employé pour les substances minérales et résistantes.

Tous les appareils à piler, que des convenances de localité ont forcé à concentrer dans cet étage. La forme et l'action des pilons sont et devaient être variées comme les différents genre de matières sur lesquelles ils opèrent. Voici le nombre et la nature de ces appareils, que dans l'usine on appelle pilerie.
a) Pilerie à poudre impalpable, composée de six pilons.
b) Pilerie à couteaux pour les matières filandreuses, telles que la réglisse.
c) Pilerie à poudre commune, composée de douze pilons.
d) Pilerie ayant sept pilons à bases rétrécies pour les semences oléagineuses.
e) Pilerie à pilons de bois et mortiers de marbres pour les substances que le fer pourrai altérer.
f) Pilerie à gomme.
g) Dans un cabinet séparé et hermétiquement fermé, trois pilons sont exclusivement destinés aux substances vénéneuses.
h) Dans un autre cabinet placé dans la partie opposée des bâtiments, et également séparé, se trouvent trois pilons d'une forme appropriée, et destinés au travail préparatoire des chocolats communs.
i) Tamisoirs mécaniques.

L'ensemble des coups frappés par les différents pilons renfermés dans cet étage est d'environ deux mille par minute, et l'énergie du coup peut être considérée comme sept fois plus grande que celle qu'on obtient du travail à bras.

DEUXIÈME ÉTAGE

En montant au deuxième étage, on trouve :
Deux moulins à orge perlé et gruau d'avoine.
Deux tamisoirs
Un moulin à blé à meules ordinaires.
Un moulin à drogues.
Un blutoir à gomme.
Un autre tamisoir.
Un jeu de cylindres pour écraser les graines oléagineuses.

TROISIÈME ÉTAGE

Passant au troisième étage, on rencontre les appareils à chocolat. Ils sont au nombre de deux, et composés, ainsi que celui anciennement employé chez M Auger, l'un de quatre et l'autre de six cônes liés par leur sommet et conduits circulairement sur un plan horizontal. Ces appareils, qui s'alimentent d'eux mêmes, et qui peuvent produire un résultat d'environ 350 kg. par jour, occupent la partie la plus élevée des combles du bâtiment, mettant ainsi à profit le dernier espace qui restât à remplir dans l'usine.

Catalogue Prix Courant général 1845

En 1832, Jean-Antoine-Brutus Menier édite un "catalogue prix courant général". Il y en aura 3 autres de son vivant, en 1834, 1839 et 1845. Le catalogue de 1845 recense tout ce qui est fabriqué par la maison Menier.
C'est le plus ancien instrument de vente et de promotion ; on y trouvera de véritables "spots" publicitaires et des annonces sur les publications spécialisées liées aux domaines médical, pharmacologique et toxicologique.
La publicité fut la cause première du succès Menier. Encore bien seul à paraître dans les journaux, il ne pouvait qu'être remarqué par un large public, lecteurs de presse qui, grâce aux progrès techniques, devenaient plus nombreux.
En 1832, l'activité principale de la maison Menier reste la droguerie. Il faudra attendre 1835 pour que les anciennes méthodes de moulage et de pliage disparaissent pour laisser la place à une tablette recouverte d'une enveloppe et d'une étiquette fac-similé des médailles gagnées dans les différents concours. Malgré ces dispositions allant dans le sens d'un marché en devenir la fabrication du chocolat reste encore modeste en 1845.

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REVUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE sous le direction du docteur QUESNELLE [fabriquant de produits chimiques et réactifs]

Article paru en 1845 , répondant directement au congrès médical et à ses attaques contre les Praticiens en pharmacie n'ayant pas la qualification requise et vendant leurs produits sous l'étiquette d'autres pharmaciens reconnus.

PRIX COURANT MENIER

Quelque peu scientifique que de paraisse un pareil titre, nos lecteurs nous sauront gré cependant de leur dire quelques mots du catalogue fort utile et peut-être plus instructif qu'ils ne pensent, que nous avons en ce moment sous les yeux. M. Menier a , sans contredit, l'établissement de droguerie le plus important qui existe en France; car c'est une maison centrale où se trouve tout ce que le pharmacien consomme, tout ce qui constitue l'arsenal pharmaceutique; aussi le prix courant Menier ne renferme-t-il pas moins de 110 subdivisions diverses pouvant renfermer environ les prix de 13,000 articles dont le pharmacien peut avoir besoin dans son officine. On comprend de suite l'immense besogne qu'a dû nécessiter un pareil travail, alors surtout qu'il faut collationner, raisonner et faire un choix parmi tous les prix courants si différents des maisons rivales. Plus que tout autre, nous sommes à même d'apprécier cette difficulté , et si Menier a éprouvé autant de peine aux cent et quelques divisions que nous en éprouverions nous-même à en rédiger une seule, celle des produits chimiques, nous ne saurions lui donner trop d'éloges pour la tâche laborieuse qu'il a entreprise, malgré ses occupations si nombreuses. Outre la partie marchande et industrielle du prix courant Menier, il y a une partie scientifique qui sera très utile à plus d'un pharmacien même fort instruit. C'est une liste de 520 substances formant la base d'une matière médicale avec le non vulgaire, le nom botanique, la famille et la provenance. Il y a aussi une innovation fort utile pour les pharmaciens qui, n'étant pas encore tous docteurs ès-sciences et ès-lettres , comme le voudrait M. Félix Boudet, trouveront là la synonymie latine de 1,600 produits chimiques et pharmaceutiques. Ce travail seul suffirait à mériter à M. Menier la reconnaissance de plus d'un pharmacien , depuis surtout que le codex, jadis en mauvais latin, a été traduit en plus mauvais français. M. Menier a rassemblé, comme d'habitude, les listes de toutes les spécialités, mais il y a joint cette fois-ci une seconde liste par noms d'auteurs. Cette dernière sera surtout utile la Société de prévoyance pour ses dénonciations anonymes, et pourra être consultée avec fruit pour le même usage par les inspecteurs de la profession. Nous avons compté jusqu'à 180 pharmaciens exploitant 525 spécialités, lesquelles peuvent produire une vente annuelle, tant en France qu'à l'étranger, de 5 à 6 millions de francs. Ajoutons que M. Menier n'a cité ici que les médicaments qui se demandent en grand nombre et sont exportés à l'étranger, et qu'il n'a pas prétendu faire la liste complète de toutes les spécialités pharmaceutiques, car il eût fallu en dicter autant qu'il y a de pharmacies en France . Parmi les spécialistes cités par M. Menier, nous avons lu avec orgueil le nom de M. Boullay. II parait que le représentant actuel de la pharmacie au congrès et à la commission des hautes études médicales, a inventé un certain sirop contre la coqueluche et un sirop d'éther toujours fort en vogue ; mais M. Menier a oublié, nous dit-on , du même auteur, la fameuse poudre dentifrice au charbon de quinquina le plus pur! que le célèbre patriarche annonçait jadis sur les carreaux de sa pharmacie! Sauf donc quelques omissions involontaires, et bien excusables, du reste, dans un travail aussi fastidieux,nous ne pouvons donner trop d'éloges au zèle éclairé et à l'attachement que M. Menier parait porter à la pharmacie. Nous n'avons pas appris, il est vrai, que M. Menier soit allé pérorer au congrès, ni qu'il ait écrit des brochures, comme M. Dubail, en faveur de sa chère et honorable profession, qu'il ait fait comme l'un des plus distingués d'entre eux , comme le probe, le savant, le logique rapporteur de la commission n° 10, un rapport quelconque, car M. Menier n'est membre d'aucune société d'admiration mutuelle ; mais ce que nous savons, c'est que M. Menier a fait un ouvrage vraiment utile à la pharmacie en rédigeant son dernier prix courant,et que notre Revue se plaît à lui rendre ici la justice qu'il mérite, justice que plus d'un journal dévoué en apparence aux intérêts de la pharmacie ne lui rendra pas avec le même désintéressement que nous.

Saga Menier