PHARMACIE
CENTRALE DE FRANCE
* ET MAISON DE DROGUERIE MENIER *
Dorvault
est né à Saint-Etienne-de-Mont-Luc, près de Nante en
1815 pour s'éteindre brutalement le 18 février 1879. L'oeuvre
de Dorvault est d'avoir crée dès 1852, une des plus importantes
institutions coopératives du 19ème siècle.Il y a en France
8 160 pharmaciens dont 878 à Paris.
Réunir
en une seule organisation toutes ces forces éparses sur les différents
points de l'exagone, former une association ayant pour but l'achat et la préparation
en grand et en commun, de médicaments offrant toute confiance, telle
fut la pensée de Dorvault.
|
Après
la guerre de 1870, Dorvault qui pressent l'évolution économique
de Saint Denis, appelé selon lui à devenir le "Manchester
français" par ses industries, se demande si le moment
n'est pas venu d'améliorer la formation chimique des pharmaciens.
En 1883, l'usine à livré à la maison de Paris 280 000 kilos de marchandises apprêtées et 800 000 kilos de produits fabriqués. D'après le tarif du prix-courant de 1883, la production de l'usine représente une valeur totale de 2 905 775 fr., le bénéfice brut réalisé sur les ventes a été de 943 979 fr., ce qui représente les 3/4 du bénéfice brut total de la maison de Paris.
L'établissement se suffit à lui même, un atelier de construction parfaitement outillé permet de réparer sur place tous les appareils, voire même de les construire. Parmi les ateliers qui dépendent des laboratoires ce trouve celui du "chloral" dont la production est considérable, plus de 10 000 kilos par ans. Dans les locaux de la pharmacie ce trouve l'atelier de broyage et de pulvérisation, celui des appareils à évaporer dans le vide qui donnent plus de 400 litres à l'heure et dont on peut suivre le travail par des "regards" positionnés judicieusement. De ces appareils sort des huiles et entre-autres de l'huile d'amandes douces. Autres étapes, celles de l'atelier de confiserie et celui de la pastillerie.
|
1821
Jean-Antoine Brutus Menier s'installe dans le magasin de "la rue du Puits qui Parle" ; il dispose d'une meule à bras dont il se sert pour préparer des poudres médicamenteuses.
1839
Confronté aux reproches de ne pas être pharmacien, Menier y répond en passant
ses examens.
1838
Grâce à des capitaux frais, le moulin est devenu la propriété
des Menier pour la somme de 117.950 F.
En avril de cette même année, en effet, de nouveaux commanditaires sont entrés
dans une société renouvelée aux assises financières plus larges : la Maison
Centrale de Droguerie est née.
1855
La Pharmacie Centrale de droguerie est primée à l'Exposition
Universelle à Paris.
Les commentaires qui accompagnent les distinctions
qu'Emile Justin Menier reçoit ne sont pas sans intérêt.
Pour les produits pharmaceutiques, il reçoit la Médaille d'or
"M. Menier est à la tête d'un établissement
de pharmacie et de droguerie tout à fait hors ligne.
Cet établissement fondé depuis 39 ans,
et qui n'a cessé de s'étendre et de se perfectionner,
est le premier en France où ait été introduite
la manipulation en grand des produits pharmaceutiques,
et notamment des poudres et des extraits...."

Emile-Justin
Menier procède à un vaste redéploiement dont le premier
acte est constitué par le transfert à Saint Denis des secteurs
pharmaceutique et chimique.
Envisagé dès 1859 par l'achat de terrains bénéficiant
d'une excellente desserte, cette implantation au cur du grand pôle
chimique du nord parisien est initialement la réponse d'un industriel
en butte à des critiques portant sur le non-respect des règles
d'hygiène (fabrication en un même lieu de substances alimentaires
et de produit chimiques sur le site de Noisiel), il est également assailli
de plainte contre la pollution engendrée par ses activités.
Le durcissement de la compétition avec son concurrent François Dorvault
de la Pharmacie centrale des pharmaciens, (une coopérative qui fournit aux
professionnels des médicaments simples ou composés), conduit à donner
une dimension nouvelle au projet avec la création d'une usine modèle
dont la construction est entreprise à partir de
1861
Pour
la construction de l'usine de Saint Denis,
Emile-Justin Menier fait confiance à Jules Saulnier,
afin de superviser les installations des laboratoires,
mais surtout afin d'explorer un certain nombre
de direction nouvelles dans le domaine en pleine évolution de la chimie
des colorants,
Emile-Justin Menier choisit un homme auquel son prestige grandissant a valu
d'être nommé quelques mois plus tôt comme premier titulaire
de la chaire de chimie organique créée à l'école
de Pharmacie.
Engagé comme chimiste consultant, Marcelin Berthelot consacre une partie
de ses vendredis à des travaux présentant un certain intérêt
pour la pharmacie mais effectue principalement des recherches pour le compte
de grands groupes industriels.

Belle illustration des talents de chasseur de cerveaux dont fera montre à
plusieurs reprise le second des Menier, cette collaboration qui comporte également
un projet de création d'une école de chimie pratique, se solde
par un échec.
Cet insuccès est un des éléments qui pèse dans
la décision d'abandonner à Dorvault les secteurs pharmaceutique
et chimique. Une décision effective en septembre1867.
Dorvault
annonce cette acquisition " la Pharmacie Centrale de France vient de
faire l'acte le plus important depuis sa fondation"
L'extension des activités permet à la Pharmacie Centrale de
France d'ouvrir des succursales dans les grandes villes de France.