Le Collectionneur : 

 et sa trajectoire de vie

 

Gwénaëlle Vandeville

Proposé et amendé par Richard Ladwein
      

Pourquoi collectionne t’on ? Quelles sont les forces qui incitent un individu
à devenir collectionneur ? Selon Muensterberger, la collection,
quête perpétuelle d’objets nouveaux provient
« d’un souvenir sensoriel qui n’est pas immédiatement identifié
de privation, de perte ou de vulnérabilité,
et d’un désir consécutif de substitution, étroitement associé
à la morosité et à des tendances dépressives ».


L’observation des enfants nous apprend que les tout petits cherchent
des solutions pour faire face à l’appréhension, la vulnérabilité,
la solitude, l’anxiété. Ils prennent souvent un objet tangible :
une tétine, un pouce, une peluche, un doudou …
pour trouver une consolation qui ne leur est pas prodiguée.
L’enfant s’agrippe à l’objet qui devient une protection magique,
une sécurité imaginaire et lui apporte un réconfort instantané
face à sa peur de la solitude.


Les choses, objets prennent alors une dimension importante
et Muensterberger affirme que « l’affection se reporte sur des choses
qui, aux yeux de celui qui les regarde, finissent par avoir une âme,
ainsi que les amulettes et les fétiches dans les sociétés primitives,
ou les saintes reliques pour les dévots ».
Ce phénomène qui consiste a donné une « âme » à un objet est appelé
« animisme » chez les anthropologues,
« attachement » chez les psychologues.


Le fait de prendre, d’agripper et plus tard les tendances à l’accumulation, caractéristiques très présentes chez les collectionneurs,
viennent souvent de la phase d’individuation mal vécue.
L’absence, physique ou non, des parents et surtout de la mère
engendre un sentiment de manque, de frustration qui restera à tout jamais
et aura des conséquences graves sur la prise de conscience de soi.


Dans toutes les sociétés et dans toutes les époques,
le phénomène de collectionner est présent.
Tout enfant doit en effet, tôt ou tard, faire face au dilemme de la substitution
(de la mère) Mais dans l’idéal, c’est seulement une étape transitoire.

 

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