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L'OBSERVATOIRE DU GENERAL MANGIN DE VILLERS-COTTERETS

INAUGURATION DU MONUMENT COMMÉMORATIF

Au milieu de la forêt de Retz également dénommée forêt de Villers-Cotterets, le Général Mangin, commandant de la Xe armée, avait fait élever un observatoire. C'est de là qu'il dirigea l'attaque du 18 juillet 1918 qui a provoqué la débâcle allemande.
L'observatoire élevé en charpente était accolé à deux grands arbres du massif. L'an dernier, il fut détruit par une violente tempête en même temps que les arbres qui le soutenaient.
Pour perpétuer le souvenir de cet observatoire dont le rôle a été si important pour la préparation et la direction de cette attaque glorieuse, un comité s'est formé sous la présidence de M. Gaston Menier, sénateur, dont on sait les attaches dans la région, pour la pose d'un monument commémoratif.
On envisagea que la meilleure manière de perpétuer le souvenir de l'observatoire était de graver la silhouette sur une table de granite pour montrer aux générations à venir comment était établi cet ouvrage.
Le 14 novembre 1926, le monument était inauguré par un temps magnifique. Les invités arrivent par le chemin de fer ou en voitures automobiles, se groupent dans la cour de la gare, et le cortège se met en marche vers la tour de Réaumont, distante d'environ 5 kilomètres de Villers-Cotterets. Les assistants s'assemblent autour du monument en attendant l'arrivée des personnages officiels.
Parmi les notabilités : le maréchal Foch, le général Weygand, le général Gouraud, les généraux Hergault, Détroyat, de Joybert, Marchand, les colonels Daille et Thuerry ; Les sénateurs M. Gaston Menier, M. de Lubersac ; Mme Cavaignac, mère de Mme la générale Mangin ; Mme Mangin et ses enfants ; M. et Mme Georges Menier ; M. et Mme Jacques Menier ; Antoine, Claude, Hubert et Jean Menier ; les membres de l'équipage Menier de Villers-Cotterets

DISCOURS DE GASTON MENIER
Président du comité du Monument

"Monsieur le délégué du ministre de la guerre, Monsieur le maréchal Foch, Monsieur le général Gouraud, gouverneur militaire de Paris, Monsieur le Préfet, Messieurs les généraux, Mesdames, Messieurs.
Au nom du comité, je viens remettre à la vigilante de l'administration des forêts ce monument commémoratif que nos amis de la région ont érigé pour perpétuer le souvenir du général Mangin en cette glorieuse journée du 18 juillet 1918.
C'est ici, en ce lieu désormais célèbre de la tour Réaumont, en forêt de Retz, au milieu de ces arbres magnifiques, que le général Mangin avait établi, en effet, l'observatoire admirablement choisi pour suivre une offensive victorieuse qui permit de fixer définitivement la victoire des armées françaises.
Cet observatoire, dominant la cime des arbres et du haut duquel la vue s'étendait jusqu'au- delà de Soissons, avait fourni au général Mangin la possibilité de conduire à coup sûr cette attaque si bien préparée par lui et de diriger ses troupes. Mais cette construction en bois périssable avait été peu à peu abattue par les tempêtes.
Nous avons fidèlement gravé sur cette stèle en granit poli des Vosges qui, bravant désormais les morsures du temps, rappellera à nos descendants le haut fait d'armes qui força la victoire....../
Me permettrez-vous Mesdames et Messieurs d'évoquer à cette occasion quelques souvenirs personnels de cette période dont l'importance fut si grande ?
Mes fonctions de commissaire du Sénat délégué aux armées et de président de la commission de l'aéronautique m'avaient amené à plusieurs reprises dans cette région où j'apportais au général Mangin le résultat de nos efforts pour lui fournir des canons, des munitions, des tanks et des avions indispensables à la préparation de son attaque.
Chaque fois, je le retrouvais à la mairie de Bonneuil-en-Valois, dans cette petite salle exiguë à laquelle on accédait par un étroit escalier partant de la salle d'école.
Sans cette pièce, au milieu des cartes des secteurs appendues aux murs et sur lesquelles de grands cercles tracés au fusain indiquaient les divisions ennemies placées en face de celles qu'il groupait dans la forêt de Villers-Cotterets, le général Mangin était là, seul.
Et immédiatement, en quelques mots, avec sa parole claire et précise, il nous faisait partager ses espoirs, calmait nos anxiétés en nous redisant la confiance profonde qui unissait ses troupes et leur chef.


Le général Weygand prononçant son discours

L'avant-veille de l'attaque, j'ai vu le général Mangin. Sa physionomie calme et tranquille ne laissait rien deviner, son oeil si perçant paraissait animé cependant d'une flamme plus vive. Tout semblait prêt.
Et voici que le matin du 18 juillet, le jour se lève. Du haut de son observatoire, le général guette les alentours ; tout est calme et tranquille, ni dans nos lignes ni dans celles de l'ennemi qu'un ruisseau, la Savière, sépare à peine de nous, rien ne bouge.
Tout à coup, à 4h.35, une canonnade terrible éclate sur tout notre front, comme un tonnerre dont l'écho retentit jusqu'à Paris......../
Toute la forêt semble se mettre en mouvement, c'est la forêt qui marche comme jadis la forêt de Macbeth marchant pour aller châtier le meurtrier de Banquo.
Nos vaillants soldats se précipitent sur l'ennemi surpris, le culbutent en désordre et le repoussent d'un bond jusqu'aux portes de Soissons.
La débâcle des troupes allemandes qui commence ici, va peu à peu nous assurer la victoire du 11 novembre 1918 dont nous fêtions avant-hier l'anniversaire....:
A bon droit, Madame la générale Mangin, ainsi que vos chers enfants qui suivent les traces de leur glorieux et regretté père, vous pouvez être fiers du nom que vous portez et recueillir ici l'hommage ému des populations de la région de Villers-Cotterets.
Puisse cette cérémonie être pour vous un adoucissement à votre cruel chagrin.

Suivront les discours de M.de Lubersac, Sénateur de l'Aisne ; du général Wygand.

 


 


 

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