Villers-Cotterêts
d'aujourd'hui
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Villers-Cotterêts 2ème génération

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Tous les ans, Gaston Menier aimait clore la saison de chasse en apothéose par une curée aux flambeaux dans la cour de la vènerie. A la tombée de la nuit, un superbe six cors avait été rapporté de la forêt. On l'avait écorché à l'abri des curieux, sa tête et sa peau, appelé également "nappe", avaient été soigneusement mises de côté. Le piqueux ordonna à un valet de désarticuler la jambe avant-droite de l'animal et de torsader la peau, puis il accrocha cette relique aux manches de sa dague glissée dans le ceinturon de sa tunique. Gaston Menier et une dizaine de "boutons" se tenaient à l'intérieur du cercle des flambeaux vêtus de vestes rouges ornées de galons d'or, de culottes bleu-roi, de hautes bottes de cuir noir. Un homme, les jambes écartés au dessus de la "nappe", maintenait les bois de la tête du cerf. Le piqueux, les valets de chiens, de veneurs, semblaient en faction derrière leur souverain. Ils entamèrent les fanfares de la curée, puis le piqueux mis sa trompe en sautoir et s'avança vers Gaston Menier.
Il enleva de sa dague la jambe et la peau torsadée, s'inclina devant Georges Menier. D'une main il ôta sa cape bleue, de l'autre il présenta le "pied d'honneur". Gaston Menier le conduisit auprès d'une invitée de son choix à laquelle il l'invita à faire les honneurs du pied, lui offrant ainsi le sacrifice de l'animal. Selon le rite, aucune parole n'était prononcée, sauf le "merci" du récipiendaire. L'homme qui tenait les bois du cerf, la redressa et la balança d'un lent mouvement latéral afin de donner aux chiens l'illusion de vie. Les chiens affalés se remirent debout, la meute frémit contenue par les cris des valets. Sans lâcher les bois, l'homme se rejeta brusquement en arrière et arracha d'un seul coup la "nappe" qui, solidaire de la tête, découvrit la carcasse et les abats. Au signal du piqueux, les chiens se ruèrent sur les entrailles fumantes. Libre
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Chaque jour, "le piqueux" préside aux repas des chiens, apportés dans de longues auges en bois par les valets au centre de la cour du chenil. La cinquantaine de chiens, dès l'ouverture de la porte de leur bâtiment, se précipitent et, dociles, s'alignent devant les auges, le nez levé, les yeux fixés sur le fouet tenu droit à bout de bras par le piqueux, immobile en face d'eux. Quand il baisse son fouet, les chiens avec un ensemble parfait plongent la tête dans les auges. Si un goinfre se jette sur la nourriture avant le signal, un valet qui se tient près de la meute lui passe une harde autour du cou et l'écarte de la soupe. Le puni doit alors attendre que les autres chiens finissent leur repas avant de pouvoir lécher le fond des auges
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"La cour des maîtres" de René Lucot