
Le
manoir et ses dépendances ont été construits
à partir de 1912 selon les plans de Sauvestre, il s'inspira
des maisons anglo-normandes dessinées, peintes par Cécil
Adam. L'une des particularité sera de posséder un jardin
japonais, sans doute réminiscence de
la Villa de Cannes.
Cécil Adam participa aux chasses à courre en forêt
d'Halatte, y fit un grand nombre de croquis de chasseurs,
L'administration
du Lebensborn [Fontaine de vie] fut créée le 12 décembre
1935 sous le contrôle du RuSHA [ Rasse-und-Siedlungs-hauptantes
SS], service SS chargé de veiller à la pureté
raciale de ses membres, pour accueillir les femmes, les fiancées,
les amies des hommes de la SS et de la police, sur le point d'accoucher
et par la suite les enfants. L'installation tardive d'un Lebensborn en France est révélatrice des contradictions de l'occupant. Alors qu'au moment de l'invasion de 1940, les Françaises n'étaient en aucun cas envisagées comme procréatrices d'enfants "aryens", 2 ans plus tard, Léonardo Conti écrivait à Himmler que ces enfants "ne sont pas mauvais, dans la plupart des cas pas plus mal que ceux qui ont été procrées en Norvège avec des norvégiennes". Westwald connut une brève activité, accueillant tout au plus quelques dizaines de femmes et d'enfants. Le débarquement de Normandie proche fit du centre un lieu de transfert vers l'Allemagne. L'avancée des troupes alliées précipita l'évacuation complète de Westwald pour le 10 août 1944. En septembre 1944, après la libération, un rapport sur l'organisation des services allemands éclaire sur le fonctionnement du centre : "Ambassade d'Allemagne - Section des affaires sociales dirigées par Mlle Unger. Cette femme qui avait de puissantes relations dans le partie nazi était redoutée par les petits employés. Elle était Führer nazi des femmes allemandes avant d'être envoyée à Paris. Elle eu des relations assez suivies avec le Secours National. Il semble qu'elle ait fait aussi des efforts pour ramener en Allemagne toutes les femmes françaises qui avaient eu des enfants avec des soldats allemands et qui avaient été placées dans "un château des Menier" à Chantilly avant leur transfert en Allemagne. A ce sujet on dit qu'elle avait pris le contre-pied de Mme la générale Huntziger qui aurait voulu mettre ces femmes sous sa protection. La maison de Chantilly était sous la protection de la SS." Les enquêteurs français avaient récupéré de rares dossiers abandonnés lors de la retraite allemande pour comprendre les rouages de l'administration d'occupation. Leur rapport témoigne des imbrications entre les services de l'ambassade, de la SS et du NSDAP [parti national-socialiste allemand des travailleurs]. Il effleure également les relations complexes avec la partie française, le Secours National et Mme Huntziger.
Qui
étaient ces filles qui se nourrissaient de "cacao, de
flocons d'avoine et de semoules". Qui furent les pères
des quelques dizaines d'enfants nés à Westwald? La réponse
à la seconde question est simple, la région de Chantilly
étant une région spécialisée dans l'élevage
des chevaux servit tout naturellement de quartier général
à la cavalerie allemande. Dès 1940, les employés français du domaine avaient été chassés. Le seul rôle de Madame Georges Menier fut de subir la réquisition de son Manoir. Thomas Mann à Munich connu le même sort.
Marc Hillel Au nom de la race
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