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«Chocolat Ménier, le seul qui blanchisse en vieillissant.».

Un chocolat de qualité se doit de posséder une couleur sans trace blanchâtre lors de la casse. La rupture du chocolat doit également s'obtenir de manière franche. Bien que le non respect de ces exigences n'entame en rien les qualités organoleptiques de la matière première, une apparence granuleuse et neigeuse laisse le consommateur suspicieux. Pour obtenir un résultat satisfaisant, la maîtrise du refroidissement avant démoulage du chocolat est primordiale.

Dans les années 1870, la technique employée par l'usine Menier est celle du frigoriste Charles Tellier qui, quelques années auparavant, fut l'inventeur d'une machine à fabriquer le froid artificiellement. Mais la complexité et la mise au point du procédé procure quelques désagréments et au démoulage ou au stockage apparaissent des traces multiples, signes d'un refroidissement non contrôlé.
Intervient alors la fibre commerciale de Menier.
Soucieux de ne pas perdre une production ayant subi les outrages d'une fabrication mal maîtrisée, un des proches collaborateurs de la maison, M. Rigollot l'inventeur du sinapisme, eut l'idée d'apposer sur une affiche :>>>>>>>>>>>>>>>>>

L'art du contre-pied parfait qui déclenchât auprès des consommateurs et ménagères des réactions inattendues, certains, cassant en son milieu une barre pour s'assurer du vice devenu qualité et n'hésitant pas à retourner la marchandise qui n'aurait pas le cœur neigeux. L'histoire a fait son chemin, d'une réalité iconographique est née une légende qui fait de cette affiche une rareté au regard des concepts et slogans utilisés ensuite par la Maison des Chocolats Menier.

Alain Lateb

Paru dans la "NOUVELLE REVUE"de 1891, un chapitre est consacré à Adolphe Salmon, graveur de M. Ingres. L'auteur de ces pages, Henri de Chennevières ne manque pas d'alerter Salmon quant à utilisation nouvelle de la photographie. Menier, par la même occasion se voit détourner son slogan publicitaire à des fins peux élogieuses.

Au Salon de 1867, paraît une estampe d'après Ary Scheffer, "Laissez venir à moi les petits enfants". On la revit au Salon de 1869, à l'état d'achèvement, cette fois. En 1874 un Portrait de Victor Cousin accompagnait "l'Apothéose de Napoléon". Classique par le talent, Salmon l'était donc encore davantage par les sujets. Si même les circonstances ne l'avaient pas approvisionné de motifs conformes à ses goûts de noblesse, plutôt grave, il ne se serait pas fait faute de recourir à des thèmes analogues, pour la satisfaction de son esthétique relevée. II en reste, aujourd'hui comme hier, à l'amour exclusif du style, c'est-à-dire du choix, de la distinction des formes, de la présence de l'idée : ces qualités seules lui paraissent dignes des travaux du burin; ni la sagesse ni l'à-propos n'approuvent, en effet, "l'éternisation" sur cuivre de sujets vides ou mort-nés. La photographie n'est-elle pas créée tout exprès pour le superficiel et le médiocre, comme eux on la fait vite,elle est criarde, à gros effet; mais, comme eux aussi, elle s'estompe, passe, blanchit et en arrive à disparaître. Son inaltérable rappelle tout à fait celui du.... chocolat Menier.

 

 

Saga Menier