La première rencontre connue des Européens avec le cacao n’eut lieu que vers la fin du mois de juillet 1502, lors du quatrième voyage de Christophe Colomb, au moment où l’Amiral arriva au large de l’île de Guanaja, à quelques lieues du Honduras actuel. Ce premier contact avec le cacao restera sans suite jusqu’en Avril 1519, date à laquelle Hernan Cortès débarqua sur les côtes du Tabasco. C’est dans sa première lettre-rapport à l’Empereur Charles Quint, écrite en 1520, que Cortès fera à nouveau mention du cacao " qui est un fruit comme des amandes que les indigènes vendent moulue. Ils la tiennent en si grande valeur qu’elles sont traitées comme monnaie dans toute leur terre et achètent avec elles toutes choses nécessaires sur les marchés et ailleurs ". Les nouveaux conquérants Espagnols s’aperçurent vite que les fèves de l’arbre aux cabosses avaient de multiples propriétés. Ces fèves avaient une valeur intrinsèque, qu’il était possible de quantifier en terme d’échange. Elle assurait une autosuffisance partielle de l’entreprise colonisatrice en Nouvelle Espagne et dans ses dépendances méridionales. Les premières indications disponibles relatives à la valeur d’une carga de cacao sur les lieux de production, la situent, dès 1536 autour d’une moyenne de 5 à 6 pesos d’or. Stable durant toute une décennie, le cours du cacao se mit ensuite à grimper jusqu’à 20 pesos par carga, fixé par ordonnance en 1551. Les espagnols s’étaient contentés au départ de reprendre à leur compte l’exploitation des plantations de cacao trouvées sur place et d’en percevoir le tribut. Très vite, ils s’efforcèrent d’en intensifier les rendements et d’accroître la surface. Au bout de quelques années, la consommation de chocolat, jadis réservée à une élite, s’était généralisée à l’ensemble de la population. Le système de l’encomienda, par lequel les nouveaux conquérants s’assuraient l’utilisation de la main-d’oeuvre indigène, s’est avérée particulièrement bien adapté au régime des plantations cacaoyères. L’un des premier textes connus évoquant les vertus thérapeutiques du cacao et du chocolat, est le Bref Traité de Médecine d’Augustin Farfan, médecin à la Cour de Philippe II, et publié en 1579. Selon Farfan, deux cacaos " grillés et bien moulus " peuvent être utilisés pour guérir les gerçures de la pointe des seins. Il ajoute que pris très chaud le matin, le chocolat est un bon purgatif " pour ceux qui souffrent d’un resserrement du ventre "
et sert aussi à " éliminer les calculs des reins ".

 

 

 

 

 

 

 

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