Les premières traces de la présence Maya, associée à l’utilisation du cacao, remontent au 7ème Siècle avant notre ère. Ils baptisèrent le fruit de l’arbre aux cabosses du nom de " cacau ", d’où dérive le mot " cacao ". Ils en firent un breuvage rituel qu’ils appelèrent " chacau haa ". Les vertus thérapeutique du beurre de cacao étaient amplement reconnues, à la fois comme baume pour cicatriser gerçures et brûlures, pour se protéger des ardeurs du soleil, soigner le foie ou les poumons et comme un remède préventif contre les morsures de serpent. Chez les Pilpil, le cacao était associé aux principaux événements de la vie quotidienne. Les fèves de cacao servaient d’offrandes pour une naissance, et lors du rituel de la puberté, le corps des jeunes garçons était enduit d’un mélange d’eau de pluie, de pétales de fleurs et de poudre de cacao. Tout comme le sang, auquel il est assimilé de façon symbolique, le cacao remplissait, pour les Bribris, la fonction d’élément médiateur entre le ciel et la terre, entre la nature et les hommes, véritable source de fertilité et de vie à partager entre tous. Les fèves de cacao furent des unités de référence comptable. Cette utilisation a stimulé les relations commerciales dans toute l’Amérique Centrale, et a donné lieu à un extraordinaire développement de l’arithmétique et de toute une conception du temps. C’est dans les régions productrices de cacao que l’on a découvert les plus anciennes inscriptions calendaires. Après l’effondrement de l’Empire Maya au IXè Siècle, les envahisseurs Toltèques puis Aztèques firent des fèves de cacao le tribut versé par les populations soumises aux nouveaux conquérants. La mesure étalon, hérités des Mayas, était la " carga ", équivalente à la charge que pouvait porter un homme sur son dos, et se composait de 3 xiquipilis de 8000 fèves, le xiquipil comprenant lui-même vingt zontles de 400 fèves. L’imposition annuelle perçue par la confédération aztèque était de 980 cargas, soit environ 30 tonnes. La fève de cacao devint la monnaie courante de toute l’Amérique Centrale. Son commerce conférait le prestige du banquier et du négociant de luxe.

 

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