OU L'ILE DE L'ASSOMPTION

La traversée de l'Océan ne fut pas aussi facile et aussi rapide pour Jacques Cartier que lors du premier voyage. Trois vaisseaux.composaient l'expédition: la Grande-Hermine de cent à cent vingt tonneaux, la Petite-Hermine de soixante tonneaux et VÉmerillon de quarante ton neaux. Le départ eut lieu le 19 mai 1535.../...Naviguant très prudemment au milieu des bancs de sable et des écueils, earguant leurs voiles et s'arrêtant chaque nuit, les trois navires suivirent d'abord les rivages septentrionaux du golfe Saint-Laurent, longèrent Une cote bordée d'îles, mais laide et triste, toute hachée et pierreuse, sans aucune terre ni bois, hormis quelques vallées. Le 15 août, jour de l'Assomption, ils découvrirent une grande île, qu'ils nommèrent île de l'Assomption et qu'on appelle aujourd'hui Anticosti.
Mais parlons de l'étymologie prétendant qu'Anticosti appartient à la langue des Montagnais du Labrador, peuple originaire du Québec. Mais la signification du mot leur est inconnue, les Montagnais l'ont toujours appelée: "Notiskuan", endroit où il vont chasser l'ours ou encore: "Natashkuan", endroit où l'on voit l'ours nager pour traverser la rivière, car "Natashkuan" est également le nom d'une rivière. D'autre prétendent que ce sont les espagnols ou les Basques qui venaient chasser la baleine à l'entrée du golfe, qui donnèrent ce nom à cette longue île parallèle à la terre ferme du Nord. Anticosti est un mot composé espagnol avec une petite altération à la finale, au lieu de costi, ce serait costa, côte, et anti, avant. Anticosti serait donc: "avant la côte". Cette version reste à ce jour la plus plausible.

 


Georges Martin-Zédé
En 1895, l'île d'Anticosti, qui appartient depuis le 3 juillet 1888 à une société dite" Governor and Compagny of the Island of Anticosti", est à vendre.
Un nommé Jules Despécher a signé une option d'achat. Il a publié à Paris une notice sur l'île d'Anticosti, sans doute pour trouver un acquéreur car il est âgé et a décidé de ne pas donner suite à son projet d'achat. De son côté, Henri Menier, a déjà exploré plusieurs îles, telles l'île Djerba en Tunisie et l'île du Levant près de Toulon ; il est à la recherche d'un endroit où satisfaire son goût d'aventure et son désir de liberté.
Jules Despécher éveille sa curiosité en lui parlant d'Anticosti, qu'il n'a jamais visité lui-même, mais qu'il décrit comme une île enchanteresse, dotée au surplus d'un port naturel.
Henri Menier est intéressé et s'inscrit comme acquéreur possible. Ne pouvant cette année là y venir lui-même, il charge son ami Georges Martin-Zédé, homme de loi et grand voyageur, d'une mission d'exploration facilitée par la réputation déjà bien connue d'Anticosti, si l'on en juge par la description D'Henri-Émile Chevalier dans son roman de 1863 ; Les requins de l'atlantique.

Boucanière pour fumer le saumon
Henri à gauche Gaston à droite

L'île est isolée du continent les mois d'hiver. La glace s'étend sur une distance de cinq à six milles au large des rives. De grands icefields ou champs de glace viennent souvent s'amonceler aux abords de l'île, poussés par les vents, ils forment ainsi une véritable muraille qui, par vent de terre, regagnent le large.

Roue à aubes alimentant la Villa

La mission d'exploration de Martin-Zédé durera 10 jours, du 12 au 22 juillet 1895, plusieurs expéditionnaires feront partie de l'aventure. La mission accomplie à bord de l'Euréka, il reste à rassembler ces observations et à les noter à l'intention de Henri Menier.Dans son rapport M. Paul Combes se chargera de modifier les idées reçues concernant l'inhospitalité des lieux.
"D'après l'impression général, l'île d'Anticosti était si peu connue que l'on peut faire table rase des documents rares, incomplets et fautifs que l'on possédait à ce sujet".
Comment évoquer ici l'état d'esprit de Martin-Zédé? Il doit vérifier dans sa tête l'origine géologique de cette île du golfe du Saint-Laurent à partir de ses formations rocheuses.
Martin-Zédé rève de chasse certes, mais aussi d'agriculture d'exploration forestière, de pêcherie, d'énergie électrique, bref d'une entreprise qui dépasse largement le simple espace de liberté auquel avait songé M Menier pour lui et ses amis.

Il reste à finaliser l'achat, le contrat (au montant de 125.000/160.000 dollars suivant les sources) est passé à Québec le 16 décembre 1895 devant le notaire William Noble Campbell. L'acte de vente fut enregistré à Tadoussac, le 21 décembre de la même année. Ainsi, un grand industriel francais réalisait son rêve de posséder une île où se reposer de ses nombreuses obligations d'homme d'affaires et où recevoir ses amis dans un paradis de chasse et de pêche incitant au plaisir et à la détente.

Baie-Ellis
Il faudra maintenant se mettre à l'ouvrage et construire à English Bay les bâtiments suivants : entrepôts, magasins, atelier mécanique, hôpital, hôtel, école, poste, scierie, abattoir, boucherie, boulangerie.
Il voit à recruter un médecin qui consentirait à résider sur l'île en permanence, ainsi qu'un contremaître pour la surveillance des travaux.
Il est bien entendu que tout chef de service devra être Francais. Nous sommes bien à l'époque de la France coloniale qui n'a rien à apprendre des gens du pays et tout à leur montrer.

Le Savoy

Il reste de toute urgence à conclure l'achat d'un navire pour le transport des marchandises entre l'île et Québec qui allait être le port d'attache. Menier et Zédé trouvent à Londres le bateau qu'ils cherchaient.
Ce sera le Savoy sorti des chantiers de Glasgow, d'une capacité de 300 Tonneaux pour une vitesse de dix noeuds. Menier l'achète pour 130.000 francs, livrable au Havre.
Destination Anticosti, le Savoy est chargé du matériel dont les contracteurs auront besoin : rails de chemin de fer, plates-formes, wagons, machinerie agricole, tombereaux, camion, outillage complet pour les ateliers mécaniques et la forge. le Savoy bat pavillon britannique pour éviter des frais énormes à payer pour la navigation .Henri Menier s'adressa au département de la marine et des pêcheries pour obtenir un capitaine de vaisseau, M.J-Bt Bélanger lui fut désigné.


M.J-Bt Bélanger

Henri Menier s'assura des services de M. Lucien-Oscar Comettant en tant que Gouverneur de l'île. Né à New-York en 1853, il fait ses études au lycée de Versailles où il est considéré comme un excellent élève. Pendant la guerre de 1870, âgé de 17 ans seulement, il contracta un engagement volontaire et servit aux côtés de son père, engagé comme lui, dans l'armé de Paris. Il supporta les horreurs du siège et livra combat durant la fameuse sortie du 19 janvier 1871 à Buzeval.
Officier au service de la Compagnie Transatlantique pendant 16 années en qualité de commissaire, il avait effectué plus de 340 fois la traversée de l'Atlantique-Nord et s'était illustré lors de l'incendie à bord du paquebot "La Champagne", le 4 janvier 1890. A ses heures, M. Comettant, qui était très bon musicien et qui a fondé la fanfare d'Anticosti est aussi compositeur et habile musicien. Henri Menier aurait pu difficilement se passer d'un homme de se tempérament, aux débuts d'une entreprise qu'il tentait avec tous les risques que cela induisait


Lucien-Oscar Comettant

Henri Menier, devenu seul propriétaire de l'île, invite tous les habitants à lui vendre leurs propriétés, maisons, terrains et autres et à devenir des locataires à qui il sera fourni du travail et un salaire pendant toute l'année. Certains vendent et gagnent ensuite la côte nord. La plupart opte pour cette sécurité à laquelle ils n'étaient guère habitués. Henri Menier établit sur sa propriété un règlement qu'il souhait voir appliqué, surtout celui concernant la chasse. Tous les ans il achète, à grands frais, des castors, des caribous et autres mammifères, pour peupler les lacs, les rivières et les forêts de son île; il en défend naturellement la chasse. Mais quelques familles de la baie aux Renards refuse de se soumettre au règlement et veulent continuer chasse et pêche à leur gré. Henri Menier leur demande de quitter l'île moyennant indemnisations, Il charge Alfred Malouin, demeurant sur l'île depuis 25 ans de lui faire un rapport d'expertise sur la valeur immobilière des familles de la baie. MM.. Georges Cabot et John Ellison également furent mandatés
Leur rapport conclut après examen que les cahuttes ne valent pas plus de 30 à 40 dollars. Sur ces données, M. Menier fit offrir 130 dollars pour chaque cabane et de transporter gratuitement les familles où elles désiraient.
Ce sont les rivières et leurs abords qui suscitent le plus d'intérêt à condition que des hommes les débarrassent des arbres tombés qui obstruent le passage. Le lit des rivières est en général formé de roches plates usées par les glaces où les chevaux ferrés à crampons, été comme hiver, sont à l'aise. Les embouchures des rivières apparaissent à M. Menier comme d'excellents endroits pour établir colons, gardes-chasse, pêcheurs, trappeurs, bucherons. Le sol d'aluvion d'excellente qualité pourra se prêter à toute culture maraichère. L'eau y coule en abondance et souvent se précipite en chutes ou cascades, source éventuelle d'énergie électrique. M. Menier est persuadé que la colonisation doit être amorçée aux embouchures des rivières. On y construira des maisons pour les gardes-chasse et on y défrichera l'espace d'un potager.
Pour former leur cheptel et leur basse-cour, les gardes auront des vaches, des porcs, des canards, des pigeons et des poules. Ils saleront la morue et le saumon.


Madame Georges Menier

Les instructions d'Henri Menier à M.Martin-Zédé mûrissent au cours de l'hiver 1898-1899 ; le centre principal de l'île sera Baie-Ellis et l'aménagement du port doit être réalisé le plus tôt possible. Les nouvelles de la dernière saison hivernale sont bonnes : pas de maladie, la chasse a été excellente, les habitants ont eu beaucoup de travail.


Villa Menier

L'automne 1899 est occupé à étudier les plans soumis par Jacquemard relatifs à l'aménagement du futur village de Baie-Ellis. Une voie ferrée reliera les magasins, les entrepôts et les ateliers au quai et au débarcadère du Savoy. Cela simplifiera le transport des passagers.

La construction de la villa de M. Menier demande réflexion. Il faut chercher un emplacement avec une vue imprenable sur la mer, assez vaste pour que la villa soit entourée d'un parc, de préférence à proximité d'un lac ou d'une rivière.
Les plans d'une villa de style norvégien ont été commandés à l'architecte de Noisiel, Stéphen Sauvestre qui les a redessinés à partir des recommandations de M. Menier. Il s'agira d'une immense résidence avec hall de réception, cheminée en marbre, grande salle à manger, 9 chambres à coucher avec salle de bains, appartement pour les propriétaires au rez-de-chaussée, grand escalier allant à l'étage et un plus modeste pour le 2ème étage qui logera 2 chambres pour des invités et 4 pour les domestiques. Au 3ème étage sont prévues une lingerie, une infirmerie à deux lits, avec balcon.


Hôtel
Dès le printemps 1900, on commence à Baie-Ellis la construction des bâtiments : le magasin général et le premier des 2 entrepôts. La place bâtie sur ses 4 faces, est traversée par 2 rues en diagonale. Au centre, on plante un grand mât pour le pavoisement et l'émission de signaux aux navires en rade.

M-Zédé Napoléon Martin
Mme Georges Menier
Le 25 mars 1900 un tremblement de terre secoue Anticosti à 22 h 10. La secousse a été ressentie à la même heure à Baie-Sainte-Claire. Quoique de faible intensité et de courte durée, cette vibration sismique n'en a pas moins déplacé divers objets.

Henri Menier à la pêche au saumon
Pour la première fois, un autre membre de la famille Menier se rend à Anticosti : il s'agit de Georges Menier, neveu de Henri, qui vient avec ses amis pour une partie de pêche à la rivière Jupiter. En huit jours, ils prennent 55 saumons. Pour sa part, Henri Menier tue un ours de belle taille et plusieurs oies sauvages. La rivière Jupiter sera le théâtre de toutes les parties de pêche qui se multiplieront sur l'île durant ces quelques 30 années de présence Menier à Anticosti.
On a construit sans arrêt à Anticosti depuis 1896 et on le fera encore au lendemain de la mort d'Henri Menier. Dès l'automne 1903, la villa Menier est couverte d'ardoise. Les murs sont achevés et les ouvertures en place.
En 1905, le grand chocolatier n'est pas homme à bouder le progrès. Il commande de Paris la première automobile à être introduite sur l'île, une Panhard 12 chevaux. Toute la population peut admirer cette nouvelle machine dans laquelle chacun souhaite faire une randonnée.
En 1911, Monsieur Menier retarde son voyage sur l'île en raison de son mariage en Juin avec Melle Hélène Thyra de Seillière, fille du baron Haymond de Seillière. Il n'arrive qu'à la fin du mois d'Août avec sa nouvelle épouse.
Huit jours après le retour à Anticosti, la neige commence à tomber. M. Menier hâte son départ après avoir donné ses dernières instructions. Ce sera le dernier voyage d'Henri Menier à Anticosti. En 1912, il est empêché d'y venir.
Le 06 Septembre 1913, M. Martin-Zédé reçoit un câble de Paris lui annonçant le décès d'Henri Menier. La consternation est générale. Rien n'avait laissé prévoir une fin aussi subite. Que deviendra l'île ?

Mme Georges Menier
tenant le gouvernail de la vedette Joliet

La mort d'Henri Menier suscite un grand émoi sur l'île, mais aussi chez toutes les personnalités du monde de la politique et des affaires avec lesquelles Henri Menier avait noué d'excellentes relations.
Le sort de l'entreprise d'Anticosti était désormais entre les mains des héritiers : son épouse et Gaston Menier.
Gaston Menier était un grand voyageur, tout comme son frère Henri. Il savait peu de choses de l'entreprise de son frère qu'il jugeait déjà extravagante. Hélène Thyra de Seillières s'est désistée de ses droits sur Anticosti, de sorte que Gaston est devenu le seul et unique propriétaire. En 1914, il décide d'opérer au ralenti les homarderies pour répondre aux besoins de la consommation locale seulement. Il ne renouvelera aucun contrat de bois au terme de ceux qui sont en cours.
M. Martin-Zédé avait projeté une usine de pâte chimique, un centre de pêcherie, un grand hôtel pour tourismes, une cimenterie, une fabrique de bière... toutes ces promesses de rentabilité et de succès, tout cela s'était effondré.
Venait de prendre fin le règne d'Henri Menier qui avait soulevé tant d'espoirs.
Il n'y aura, pour deux ans, aucun congédiement du personnel. Gaston Menier s'engage à financer l'entretien des bâtiments et les réparations urgentes. Pendant que Gaston Menier confère à Baie-Ellis sur les conditions de vente d'Anticosti, la guerre est déclarée en Europe. C'est le 2 août 1914 que M. Gaston Menier regagne aussitôt la France.


Mme Georges Menier
La suite................................essai de colonisation

Sources:
Lionel Lejeune "Epoque des Menier à Anticosti"
Mgr Charles Guay "Lettres sur l'île d'Anticosti"

Les Requins de l'Atlantique

Sans aller aussi loin, sans mettre entre sa mère-patrie et sa patrie adoptive plus de huit jours d'intervalle, on trouve, dans le Nouveau-Monde, un emplacement magnifique, qui présenterait à des entreprises agricoles ou commerciales, conduites sur une grande échelle, des avantages inimaginables. Terres fertiles, bois giboyeux, la côte la plus poissonneuse des deux continents, voilà les ressources premières de ces lieux (capables de nourrir aisément vingt mille individus et plus) situés aux portes de l'Amérique septentrionale, supérieurement défendus par la nature, et cependant à peu près inconnus à la civilisation. C'est l'île d'Anticosti.../...

Par route marine, elle se trouve à cinq cents milles environ d'Halifax, la capitale de la Nouvelle-Ecosse. C'est la clé du Saint-Laurent: Si l'on est surpris qu'elle ne soit pas colonisée, on l'est encore plus en remarquant que le gouvernement anglais n'a point songé à la fortifier ou à y établir une garnison, car Anticosti nous semble la sauve-garde de ses plus belles possessions transatlantiques.../...

Les cours d'eau, que l'on rencontre sur la côte septentrionale, sont très-nombreux relativement à son étendue. On ne peut guère faire un mille sans en découvrir un. plus ou moins volumineux. Et, de dix milles en dix milles environ, il en existe qui sont assez considérables pour mettre en mouvement un moulin. Les chutes voisines de la côte, offriraient de grands avantages à l'industrie. L'eau des rivières est toujours plus ou moins calcaire. Sur la côte méridionale, les principales rivières sont : labecscie, la Loutre, le Jupiter, un vrai fleuve, le Pavillon et la Chaloupe.../...

Dans la plupart des rivières et des lacs, fourmillent la truite de ruisseau, la truite saumonée, l'esturgeon, le doré et le poisson blanc. Le maquereau se presse en bancs épais autour de l'île. Les phoques dont l'huile et la peau sont fort estimées, essaiment. Ils se foulent par milliers dans les baies et les lieux abrités. Les Indiens des îles Mingan et du Labrador leur font une chasse active. Les baleines semblent avoir pris les battures occidentales pour leur résidence favorite. Fréquemment on les voit s'ébattre ou se chauffer au soleil; fréquemment on y entend leurs longs mugissements. À l'intérieur d'Anticosti, la végétation est très variée; mais en général, elle a planté ses racines dans un sol d'alluvion, composé d'une argile calcaire et de sable léger, gris ou brun. Ce sont là de bons éléments de fécondité. Cependant, il faut avouer que ce sol n'est pas trop favorable aux fortes essences de bois, mais on peut l'ameublir ou le drainer aisément. La prùche en est l'arbre le plus commun. Sa qualité et ses dimensions sont bonnes. Quelques arbres mesurent vingt pouces de diamètre à la base, quatre- vingts à quatre vingt-dix pieds de haut. Ony rencontre aussi des bouleaux blancs et jaunes; des balsa miers, des tamaracks el des peupliers.../...

La plage est couverte de fraisiers; rarement y voit-on un framboisier. Toutes les parties de l'île produisent en quantité une espèce de pois très mangeable, dont la tige et la feuille peuvent être employées à la nourriture des bestiaux. Les pommes de terre viennent parfaitement. Le peu d'orge et de blé qu'on y a jamais semé, a donné un rendement des plus satisfaisants. Anticosti renferme beaucoup d'animaux sauvages, entr'autres : l'ours noir; le renard rouge, noir, argenté et la marte..../...

Les canards, les oies, les cygnes, toute la famille des palmipèdes, y a élu son domicile. De grenouilles, crapauds, serpents ou reptiles, point. Les animaux sont si peu poursuivis par l'homme, que sa vue ne les effraie pas. Pour compléter cette esquisse d'Anticosti, je n'ai plus qu'à dire un mot des matières économiques qu'elle contient, et dont l'exploitation suffirait à enrichir toute une population. Son sol renferme la pierre de taille, la pierre à aiguiser, le fer oxidulé et peut-être même le fer limoneux. L'argile à briques, la marne coquillière d'eau douce, la tourbe y apparaissent sur de vastes superficies et des profondeurs incalculables. Dans les anses et les places abritées, les algues marines ont poussé à profusion ; et on en pourrait tirer bon parti, soit pour fumer le sol, soit pour les exporter comme engrais dans les pays voisins.../...

Cette île,dont le climat est tempéré, dont le sol et les sites sont si favorables à la colonisation, demeure aujourd'hui encore déserte, inculte, à peine habitée par deux ou trois garde- phares. Cependant, elle devrait et doit, dans un avenir prochain, s'animer, se défricher, se peupler au souffle fécondant de la civilisation moderne

Les Requins de l'Atlantique 1863, roman inédit, par H.-Émile Chevalier Chevalier, Henri-Émile (1828-1879)

Pour en savoir plus

J'ai continué à bourlinguer jusqu'à la fin de 1895, puis dès le début de 1896, je suis entré au service de monsieur Henri Menier pour créer de toute pièce l'installation de l'Ile d'Anticosti, sur laquelle je suis resté huit années consécutives.

Oscar Comettant

 

 

 

 

 

ESSAI DE COLONISATION PRIVEE
essai de colonisation

L'ÉCONOMIE DE L'ÎLE EN 1909

TÉMOIGNAGE
André Duval,

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