LE PONT DE VAIRES-TORCY


Le nouveau pont inauguré le 7 novembre 1897

 

Bien avant que le nouveau pont ne soit inauguré le 7 novembre 1897 par le ministre du Commerce Mr Henri Boucher, Gaston Menier s'empara du dossier. Fraîchement élu conseiller général de Seine et Marne en 1891, il exprime, par sa correspondance du moment, l'aspect politique du projet ou les intérêts de la Seine et Marne sont privilégiés au détriment de la Seine et Oise et de l'encombrant, Mr de NICOLAY. Mais la praticité du projet ne fait aucun doute, avant l'inauguration du pont, les habitants de Vaires et Torcy devaient emprunter en amont le pont de Lagny et en aval le pont à péage de Gournay, soit 9 kilomètres dans tous les cas.

CORRESPONDANCE GASTON MENIER 1891

"Le Conseil Général a déjà examiné la question du rachat du pont de Gournay et il résulte des délibérations que ce rachat se trouve en ce moment retardé par suite des prétentions considérables du propriétaire, le comte de NICOLAY. Le rachat de ce péage n'en est pas moins à espérer, à cause des facilités importantes qu'il donnerait aux communes de mon canton qui actuellement ne peuvent communiquer librement entre elles qu'en passant par Lagny.
Aujourd'hui cependant une autre solution vient de se présenter ; il s'agit de la question de la passerelle de Vaires, dont Mr le Maire de Torcy a entretenu votre Secrétaire général. Sans reprendre ici toute la question, il me suffirait de vous dire que la passerelle de Vaires a été certainement à tort considérée comme un ouvrage qui était utile à la navigation et déclasser à ce point de vue. Il y a lieu, par conséquent, de protester contre l'interprétation donnée à la question par le Conseil général des ponts et chaussées dans la séance du 27 février 1891."

"Quoi qu'il en soit, il y a pour la traversée de la marne à cet endroit deux solutions qu'il importe d'examiner. La première serait l'établissement d'un tablier sur les piles de l'ancienne passerelle. La seconde serait la construction d'un ouvrage nouveau à quelques centaines de mètres en aval de l'ancien barrage de Vaires. Cette solution serait peut-être préférable à l'égard des chemins à raccorder, et je désirerais que vous voulussiez bien saisir Mr l'ingénieur en chef de l'examen de cette question pour laquelle des avant-projets ont été déjà préparés. Il est hors de doute qu'une communication sur la marne à cet endroit soit un sérieux avantage pour les communes de la rive gauche et de la rive droite de la marne et en particulier pour les villes de Chelles et de Torcy. Des subventions déjà recueillies s'élèvent à plus de 6000 Fr et ce projet auquel le département de Seine et Marne pourrait s'intéresser plus particulièrement, puisqu'il se trouve tout entier sur son territoire, aurait encore l'avantage de peser d'une façon toute spéciale sur le rendement du pont de Gournay, de diminuer très sensiblement le revenu de ce pont, pour lequel il serait peut-être facile de trouver les fonds nécessaires pour son rachat."

" A Monsieur BARDIN, Maire de Torcy, le 16 mai 1891, j'ai l'honneur de vous aviser que j'ai demandé à Mr l'ingénieur en chef du département de venir prochainement voir l'état du pont que nous réclamons à Vaires et examiner sur place une solution possible. Mr l'ingénieur en chef sera libre le 25 ou le 26, je vous pris donc de vouloir bien vous réserver pour un de ces deux jours. "

" A Monsieur Roger BALLU à Gournay, membre du Conseil Général de Seine et Oise, le 5 août 1891, question plus importante et en même temps plus difficile à résoudre, il s'agit du rachat du pont de Gournay. Vous savez que mon canton apprécie tout l'intérêt que présente cette question et que nous attachons personnellement à Noisiel une grande importance au rachat de ce pont, mais la question est entrée actuellement dans une phase qui, je le crains, nous empêchera pendant plusieurs années d'arriver à une solution. Lors de mon entrée au Conseil général, au mois d'avril dernier, le Conseil voulait supprimer la Commission interdépartementale qui avait été nommée pour étudier de concert avec la Seine et Oise le rachat de ce pont.
Le Conseil général de Seine et Marne tout en reconnaissant les avantages du rachat de ce péage et tout en admettant la proportion des trois cinquièmes pour sa part et des deux cinquièmes pour la Seine et Oise, se basait sur ce fait qu'il fallait, puisque les offres amiables auprès de Mr le comte de NICOLAY échouaient devant un chiffre bien supérieur à l'estimation faite, il fallait, dis je, recourir à l'expropriation. Or le Conseil général de Seine et Marne refusait absolument d'entrer dans cette voie.

"Voilà exactement l'état dans lequel j'ai trouvé la question. J'ai eu l'occasion d'en reparler à plusieurs reprises et j'ai trouvé sous ce rapport un refus très net du conseil d'aborder l'hypothèse de l'expropriation. Mais je serais peut être d'avis que nous puissions déterminer d'une façon plus exacte le rendement net du pont de Gournay, afin d'avoir un taux de capitalisation plus réel que celui mis en avant par Mr de NICOLAY et alors, devant un chiffre moins élevé, le Conseil de Seine et Marne pourrait être moins effrayé et peut être examiner la question à nouveau. Il est de toute évidence que le chiffre de 225.000 Fr est trop élevé, mais où peut on aller avec un jury d'expropriation et y a-t-il des chances que ce jury estime un prix moindre que celui de Mr de NICOLAY le rachat de ce pont? J'ai exposé également à mes collègues que la valeur estimative de Mr de NICOLAY ne devait plus être exacte à l'heure qu'il est, puisque le pont de Neuilly sur Marne, qui était nouvellement crée à cette époque, n'avait pas encore établi un courant à son profit aussi grand qu'il doit l'être, maintenant qu'il est entré dans l'usage des habitants. C'est donc à ce nouveau point de vue qu'il conviendrait de se placer suivant moi pour faire cette estimation nouvelle du revenu net que doit procurer le pont de Gournay à Mr de NICOLAY et par suite pour aborder autrement le Conseil général de Seine et Marne."
"Vous n'ignorez pas non plus qu'il est question de l'établissement d'un pont à vaires et que ce pont serait de nature également à diminuer le trafic du pont de Gournay. Enfin, en ce qui concerne cette affaire, je vous répète que je vais de nouveau, au mois d'août, en parler au Conseil, où la question n'est pas, du reste, tout à fait enterrée, puisque j'ai obtenu d'être nommé membre de la Commission interdépartementale, à la place de Mr FOUCHER de CAREIL, avec l'intention de rechercher une solution plus facile de la question."


" A Monsieur KOZIOROWICZ Ingénieur en chef de S et M à Melun, le 13 octobre 1891, j'ai le plaisir de vous faire part que nous avons obtenu les 100.000 Fr de subvention des communes pour la construction de pont de Vaires. Les délibérations officielles vous seront adressées sous peu de jours. Mais en attendant je m'empresse de vous donner le résultat afin que vous puissiez bien préparer sans retard le dossier pour mettre l'affaire sur pied. "
" A Monsieur LION Ingénieur des Ponts et Chaussées à Meaux, le 13 novembre 1891, j'ai reçu communication par l'entremise de Mr GUIONNET, de votre lettre du 10 novembre, à laquelle je m'empresse de répondre. Les sommes votées pour le pont projeté à Vaires, s'élèvent en réalité à 100.000 Fr. Sur l'état que comporte votre lettre vous comptez seulement 84.000 Fr, il manquerait donc 16.000 Fr qui sont comblés de la façon suivante : La commune de Lognes à voté 4000 Fr …/… La commune de Noisiel s'est réunie hier et a voté un supplément de 2000 Fr …/… De plus, nous nous sommes engagés personnellement (MM Menier) pour une somme de 1000 Fr.
( ci-dessus: Médaille du souvenir) Ces souscriptions donnent la somme de 16.000 Fr, ce qui élève donc à 100.000 Fr la somme de 84.000 Fr dont vous avez déjà connaissance. Je ne doute pas que la régularisation de ces différentes sommes ne vous parvienne sans retard et vous permette de joindre à votre rapport l'état qui doit faire ressortir le total de 100.000 Fr. "

 

 


Souvenir du 7 novembre 1897, offert par Gaston Menier, conseiller général

 

 

Saga Menier