CHOCOLAT HENRI MAILLARD
OFFRE D'ACHAT

CORRESPONDANCE

Henri Maillard le 16 Novembre 1906

Messieurs [Teissier et Gérard ]

La demande verbale que vous m'avez adressée pendant mon séjour à Paris de vous faire savoir si je consentirai à vous donner une option pour l'achat de mon affaire commerciale, clientèles et raisons sociales aux États unis d'Amérique, à un prix et à des conditions qui puissent aboutir à un plein accord, a été prise par moi en considération.

Et en réponse je vous dirai que bien que je sois encore fortement opposé à consentir une pareille option à quelqu'un, je veux bien, à cause de ma confiance personnelle en vous deux, vous accordez seulement à vous, cette option à des prix et conditions qui puissent être finalement agréés pour une période expirant le 1er Février 1907, date à laquelle la vente doit être devenue effective et le contrat de vente et d'achat, ainsi que tous les autres documents nécessaires à la réalisation complète de cet achat, doivent être dûment passés à un prix comptant évalué à 400.000$, non compris les loyers.

Tous les contrats faits par moi pour l'achat de matières premières pour l'affaire et le bail prenant fin le 1er Août 1908. Des magasins de la 5ème avenue, du loyer annuel de 40.000$ payable par quarts, ainsi que le loyer pour un an seulement de l'écurie située au 120 Ouest, 25ème rue. D'un loyer annuel de 1.200$, payable mensuellement, doivent être assumés par l'acheteur.

Toutefois, sont exclus de cette vente, les terrains et locaux destinés à la fabrique dont je suis propriétaire dans les 24ème et 25 ème rue, l'acheteur de l'affaire pouvant aussi, cependant, comme étant une des conditions de l'achat, et à la même époque, louer la propriété de la fabrique pour 10 ans, moyennant un loyer annuel de 13.200$ payable mensuellement d'avance, en ajoutant à ce loyer les taxes annuelles ainsi que les droits d'eau et les impôts ordinaires et extraordinaires.

La vente proposée exclut aussi les chaudières, machines à vapeur, appareils pour l'éclairage et le chauffage de l'eau, avertisseurs d'incendie, appareils aspergeant actuellement installés dans la fabrique. Sont exclus également de la vente les comptes de livres de comptabilité, les effets recouvrables jusqu'au jour de la vente, qui seront retenus et encaissés par moi.

Une réponse immédiate d'acceptation est requise, et à moins que je reçoive de vous votre acceptation de cette offre d'une option d'achat, avant le 15 Décembre prochain, celle-ci deviendra sans effet. Mais il peut être expressément entendu par vous que cette option d'achat, même si vous l'acceptez, ne constitue pas pour l'un ou l'autre, un contrat de la dite vente. Mais il est accepté par vous que ce soit seulement un accord [agreement] par lequel vous voulez, jusqu'à un jour ne dépassant pas le 1er Février 1907, exécuter ici, à New-York avec moi.

Teissier° et Gérard le 29 Novembre 1906

Monsieur

Nous venons seulement de recevoir le 26 Novembre votre lettre recommandée, par laquelle, faisant suite à votre visite à Paris et à vos premières propositions pour la cession de votre affaire industrielle et commerciale, vous voulez bien donner corps à ce projet en nous accordant par écrit un droit d'option, expirant le 1er Février 1907 pour l'achat de la dite affaire.

Nous nous empressons de vous accusez réception de cette lettre, de vous en remercier et de vous dire que le projet que vous soumettez à notre discussion et l'objet de l'examen attentif que mérite votre intéressante entreprise. Aussi voulons-nous l'approfondir entièrement en y apportant tout le sérieux et toute la réflexion que vous êtes en droit d'attendre de nous.

Mais, si de votre côté vous avez pu déterminer à loisir vos propositions, nous serions heureux, du nôtre, d'avoir le temps matériel de les étudier, d'autant plus qu'elles présentent des différences notables, inexpliquées avec vos propositions antérieurs, notamment sur les bases capitales.

  1. Le prix
  2. Les conditions de paiement
  3. Votre participation éventuelle
  4. De la double question de durée de prix des 2 baux.

Et qu'enfin, la somme globale de 400.000.00$ ne nous paraît pas suffisamment claire ou définis. Or, la première chose pour une bonne entente, comme nous le désirons de part et d'autre, est d'éviter toute ambiguïté et tout malentendu, nous aurons donc à échanger une correspondance complémentaire à ce sujet.

De plus, nous souhaiterions entreprendre l'étude de votre proposition à un moment plus favorable. La période actuelle étant des plus absorbante ce qui diminue sensiblement le temps qui nous reste jusqu'à cette date du 1er Février que vous nous fixez pour nous prononcer définitivement.

Ce désir étant toujours le notre, nous n'attendons pas jusqu'à cette dernière date pour vous en informer. Mais il est bien entendu qu'en acceptant ainsi le principe de l'option, nous nous réservons toute liberté pour l'acceptation définitive éventuelle de l'option elle-même, cette acceptation ne pouvant naturellement vous être donnée par nous qu'après un accord complet sur tous les points, une élucidation de toutes les questions obscures ou pouvant donner lieu à des erreurs d'interprétation, et une entente avec nos commanditaires.

Il serait donc à la fois nécessaire, dans l'intérêt de l'affaire et courtois de votre part, puisque vous avez modifié vos conditions, de nous accorder une prolongation de délai, par exemple jusqu'au 1er Mars 1907…/…

Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'assurance de nos meilleurs sentiments

Henri Maillard le 14 Décembre 1906

Messieurs [Teissier et Gérard ]

Votre lettre du 29 Novembre est arrivée entre mes mains et j'y réponds de suite par le premier paquebot. J'admets qu'un tel examen doit être fait comme vous l'indiquez, avant la signature d'un contrat et je ne serais pas satisfait si vous n'agissiez pas ainsi.

Toutefois le 1er Février a été désigné par moi comme la date qui pouvait être la plus satisfaisante pour une complète entente entre nous, car à cette date, chaque année, j'établis un compte du stock et fais l'inventaire de la situation de mon affaire, ce qui est terminé environ le 15 Février de chaque année.

Cependant si vous désirez un plus long laps de temps, je prolonge ici le délai d'option pour terminer la transaction, jusqu'au 1er Avril 1907, date et temps auquel la vente doit être effectuée et le contrat de vente et d'achat, ainsi que tous les documents nécessaires pour la réalisation de la vente, comme stipulé dans ma lettre du 16 Novembre 1906, devront être passés pour un montant comptant de 400 000.00 $ non compris les loyers.

Comme explication des différences de conditions entre ma lettre et notre conversation à Paris dans laquelle j'ai stipulé que je ne pouvais consentir une option qu'après en avoir conféré avec mes conseils à New York, je dois vous dire que le loyer de la propriété de la fabrique a été élevé de 12 000.00 $ à 13 200.00 $ à cause des dépenses supplémentaires déjà effectuées pour des perfectionnements d'environ 20 000.00 $ pour le site, que le prix comptant fixé de 400 000.00 $ a été déterminé en vue de faciliter la transaction car dans ces 400 000.00 $ j'ai inclus la clientèle pour 250 000.00 $ et le reste concerne les matières premières, produits et marchandises, la machinerie et les perfectionnements qui n'ont pas été jusqu'ici excepté dans la correspondance et que j'estime valoir cette somme à cette époque, car bien entendu comme vous le savez, l'affaire varie beaucoup aux différentes saisons et je crois que nous pouvons plus facilement aboutir après votre examen personnel de l'inventaire établi le 1er Février prochain.

La condition du paiement doit être au comptant et, en ce qui concerne ma participation je veux bien consentir à allouer 100 000.00 $ du prix d'achat qui doit rester, s'ils sont garantis en propre et dans des conditions satisfaisantes lesquelles doivent toutes ensemble, avec la question des baux, faire l'objet d'une consultation personnelle avec vous pour être correctement déterminée... /…

Je désire que vous soyez pleinement informé sur chaque détail mais je ne peux pas m'empêcher de vous exprimer ma conviction que toute tentative d'élucider tous les points d'une manière telle que celle-ci par correspondance entre New York et Paris sera une source de retard sinon de malentendus que je ne désire pas faire, si vous êtes aussi désireux que je le suis de faire mûrir cette affaire.

Je pense que la prompte présence de l'un de vous deux, ou de vous deux ici en facilitera grandement la conclusion d'une façon ou d'une autre. Je désire vous dire que j'ai ajourné l'examen ultérieur d'une autre proposition que j'ai reçue depuis le départ de ma dernière lettre à votre adresse et je suis toutefois bien que désirant vous donner la préférence envieux d'avoir une entente définitive avec vous aussitôt que possible.

Teissier et Gérard le 4 Janvier 1907

Monsieur

Nous avons l'honneur de vous accuser réception de la lettre du 14 Décembre et nous vous remercions de la prolongation que vous nous accordez jusqu'au 1er Avril 1907 pour l'achat de votre affaire industrielle et commerciale, nous prenons note que vous nous donnerez toutes les informations voulues sur chacun des points de cette affaire et que vous serez satisfaits que si notre réponse réside uniquement dans leur examen sérieux et complet.

Nous comprenons très bien, comme vous votre désir d'aboutir promptement. Toutefois, un voyage à New York nous semble prématuré avant une entente préalable sur les clauses fondamentales rendant l'affaire possible. Ce n'est qu'après notre être bien mis d'accord sur ces bases essentielles que le déplacement immédiat deviendra nécessaire pour l'examen sur place de rigueur, la mise au point et la solution définitive des questions complémentaires récentes à élucider.

Examinons de suite les clauses fondamentales :

  1. Prix …/…
  2. Paiement …/…
  3. Votre participation …/…
  4. Location usine …/…
  5. Bail magasin …/…
  6. Cautionnement, charges, taxes, impôts …/…
  7. Frais de cession …/…

Nous attendons donc dans le plus bref délai possible votre réponse précise à ces 7 points capitaux pour pouvoir poursuivre alors utilement et rapidement dans votre ville l'examen sur place, les pourparlers définitifs, s'il y a lieu. Veuillez agréer Monsieur l'assurance de nos meilleurs sentiments.

De L. Delpeuch : Contentieux. Recouvrements. Contentieux

Cher Monsieur, [Henri Menier à Cannes]

J'ai bien reçu hier vendredi la lettre de Monsieur votre frère, datée du 20 courant, m'invitant à faire connaître MM Gérard et Teissier les conditions auxquelles vous seriez disposés à. constituer une Société Américaine pour l'acquisition et l'exploitation de l'affaire MAILLARD, de New-York.

Aujourd'hui j'ai réuni MM Gérard et Teissier dans mon cabinet pour leur indiquer ces conditions, et je viens vous rendre compte de notre conversation. MM Gérard et Teissier ont été un peu déçus de la diminution que vous faites subir à leur prétention d'avoir 25% chacun dans les bénéfices nets, également de vous voir demander un intérêt annuel de 6 % au lieu de 4 ou 5.

Cependant je ne crois pas que ces différences, en réalité peu importantes, soient de nature à les amener à renoncer à cette entreprise. MM Gérard et Teissier étaient plutôt impressionnés par les formalités et difficultés qui leur ont été signalées par l'avocat américain qu'ils ont consulté en vue de la Constitution d'une Société à New-York. Cet avocat doit leur remettre un projet de contrat demain ou lundi, et on nous le soumettra aussitôt.

Il m'a semblé préférable d'attendre ce projet qui aura le mérite d'être établi conformément aux lois américaines plutôt que d'en faire un qu'il aurait fallu ensuite adapter à ces lois, et sauf à vous et à moi à examiner ce projet et à voir si au fond il est conforme à vos intentions. En raison de cette complication Mr Teissier semble considérer comme nécessaire de retarder son voyage de 8 ou 15 jours. Il estime que là-bas, en raison du peu de temps restant à courir sur l'option, il sera obligé de traiter avant de revenir, et il ne veut dès lors partir que complètement d'accord avec vous sur le fond comme le texte et la forme américaine de vos conventions de Société.

Donc lundi ou mardi, aussitôt que j'aurai reçu et examiné ce projet de Société je vous l'adresserai avec mes observations s'il y a lieu. Voulez-vous maintenant me permettre d'ajouter à. cette première partie de ma lettre quelques réflexions personnelles et confidentielles, qui sortent peut-être un peu de mes attributions, mais que je prends cependant la liberté de vous soumettre avant que cette affaire ne se traite définitivement.

De tout ce que j'ai entendu dire par Monsieur Gaston [Menier] comme par MM Gérard et Teissier, il semble certain que l'affaire Maillard sera lourde à conduire, qu'elle est plutôt en déclin, et que pour la ramener un degré de prospérité intéressant Il faudra y consacrer beaucoup de travail, de temps, d'intelligence et de connaissances des goûts et habitudes du pays. Maillard dit qu'il gagne 350.000 Frs par an. Est-ce bien exact ? Et même dans l'affirmative, il est probable qu'il ne déduit de ce chiffre aucun intérêt de capital, bien qu'il estime que son affaire vaille 2. 000.000 Frs, il est probable encore qu'il ne prélève que peu ou pas du tout d'amortissement pour la réfection ou le remplacement du matériel.

Si donc dans la Société bien administrée qui lui succéderait on déduit pour l'intérêt du capital 120,000 Frs et pour les divers amortissements du matériel, des constructions industrielles sur terrain d'autrui etc., environ 80.000 Frs, Ensemble 200.000 Frs, il resterait pour bénéfices nets 150.000 Frs soit pour vous 90.000 Frs.

Or, MM Gérard et Teissier sont-ils bien de taille d'intelligence et de santé à donner à cette affaire MAILLARD les " Soins énormes qu'elle nécessitera dès les premières années au moins et à continuer à consacrer à l'affaire LOMBART ici tout le travail nécessaire pour la maintenir en l'état de prospérité qu'elle a aujourd'hui et que l'on peut souhaiter lui voir dépasser.

Que les résultats de l'affaire LOMBART fléchissent seulement de 10%, soit environ 100.000 Frs et vous y perdriez, à peu près tout ce que vous donnerait l'affaire Maillard, en plus du risque que courront vos 2.000.000 Frs de capital si cette dernière venait à péricliter.

Une autre considération doit être encore à examiner : Si pour cause de décès, de maladie, démission ou tout autre empêchement MM Gérard et Teissier ou l'un d'eux ne pouvait plus s'occuper de l'affaire MAILLARD, (et il ne faut pas oublier que M.Gérard à été longtemps d'une santé délicate) trouveriez-vous facilement des gens de confiance pour conduire là-bas cette affaire difficile qui ne serait pas sous le contrôle direct et permanent de vous mêmes, de votre personnel de confiance habituel ?

Vous allez donner à MM Gérard et Teissier des parts de bénéfices dont une partie au moins leur demeurera acquise même au cas de démissions ou décès, vous ne pourrez donc plus offrir à leurs successeurs que des parts très diminuées. Trouverez-vous à ces conditions réduites des collaborateurs de Valeur et de Confiance ?

Si vous avez d'autres buts que la seule exploitation de l'affaire MAILLARD, les considérations ci-dessus sont certainement négligeables. Mais si au contraire vous vous êtes décidés seulement sur les sollicitations de MM Gérard et Teissier qui veulent à l'évidence gagner rapidement une petite fortune dans l'affaire MAILLARD, sauf à vous offrir leur démission quand ils en auront assez, je crois qu'il serait plus sage, et que vous vous ménageriez, moins de tracas, de soucis et de risques en renonçant à cette entreprise, et en vous bornant à consacrer vos préoccupations à l'amélioration constante de votre grande et excellente affaire de Noisiel et de Paris, sans dédaigner la Société LOMBART, et sauf encore à consoler MM Gérard et Teissier en leur promettant une meilleure situation, par exemple en les intéressant un peu plus dans l'augmentation des bénéfices au delà des résultats actuels.

Agréez je vous prie, Cher Monsieur, l'assurance de mes sentiments bien cordialement dévoués.
Le 23 Février 1907


Bonbonnière

CONVENTION ENTRE LES SOUSSIGNÉS

1. Messieurs MENIER, manufacturiers, demeurant à Paris 56, Rue de Châteaudun.
D'une part et ;
2. Monsieur Louis GERARD, demeurant à Paris, avenue Bosquet.
3. Monsieur André TEISSIER demeurant à Paris, 205 Boulevard Saint-germain.
D'autre part; a été dit et exposé ce qui suit :

Messieurs Louis GERARD et André TEISSIER ayant fait part à Mr Menier de l'intention qu'aurait manifesté Mr Maillard de New-York de vendre sa maison de commerce qu'il exploite à New-York, ont proposé à Mr Menier de constituer une Société pour l'acquisition et l'exploitation de la Maison MAILLARD, si après l'étude et l'examen que M. TEISSIER va en faire à New-York, les soussignés décidaient de faire cette acquisition.

En prévision de cette réalisation et pour fixer les conditions de la Société projetée, les soussignés on fait et arrêté les conventions suivantes :

1. Le prix à payer pour l'acquisition des Établissements MAILLARD (environ 2.000.000$) sera fourni Mr MENIER.
En échange il leur sera remis des actions de priorité, ou des obligations qui seront les unes ou les autres remboursables au plus tard à la fin de la Société, soit dans quinze années, ou plus tôt si les disponibilités de l'actif social le permettent.

Ces capitaux seront productifs d'intérêts au taux de 6 % l'an, payables par semestres et imputables au compte des frais généraux.

2. Il sera créé, en outre des titres attribués à Mr Menier pour le versement de leurs capitaux, cent actions de jouissance ou d'apport, ou parts de fondateur, qui seront attribuées, à savoir :
60 à MM. Menier, en rémunération de leur concours financier, des conseils et de la surveillance qu'ils voudront bien accorder à cette entreprise, 20 à M. Gérard, et 20 à M. Teissier pour le travail et les soins qu'ils s'obligent à donner pour la gestion et à l'administration des affaires sociales.

Les parts ainsi attribuées à MM. Teissier et Gérard seront nominatives et non négociables. Au contraire MM. Menier auront le droit de céder tout ou partie leurs parts.

3. Après déduction sur les bénéfices bruts ; des frais généraux, des intérêts des sommes avancées par MM Menier, de toutes les charges sociales, des frais d'entretien réparation et d'amélioration du matériel et mobilier ainsi que des amortissements correspondant à l'usure et à la dépréciation réelle de l'actif [et qui seront fixés à 10 % environ de la valeur de ces éléments d'actif], les bénéfices nets seront partagée entre les porteurs de parts et dans la proportion des titres qui chacun d'eux possédera.

4. MM. Gérard et Teissier tout en conservant les fonctions de directeurs de la Société LOMBART qu'ils occupent à Paris, devront donner leurs meilleurs soins à la gestion et à l'administration de l'affaire Maillard, notamment chacun d'eux devra passer tous les ans un mois à New-York.
S'il était nécessaire d'attribuer un tant pour-cent sur les bénéfices nets à un directeur ou employé intéressé de la Maison de New-York, cette part serait prélevée avant tout partage entre les soussignés comme frais généraux supplémentaires.

MM. Teissier et Gérard seront remboursés des leurs frais de voyage et séjour à New-York, au compte des frais généraux.

5. Les soussignés se réuniront en comité de direction à Paris à des époques qui seront fixées ultérieurement et aussi souvent que cela sera nécessaire, pour prendre des décisions et délibérations utiles en vue de la bonne marche des affaires de la Société. MM Gérard et Teissier devront se conformer à ces décisions.
Si le nombre des porteurs de parts devenait supérieur à dix, ils seraient réunis tous les ans en Assemblée Générale pour l'examen et l'approbation des comptes ainsi que pour la nomination de 3 ou 5 d'entre eux devant composer avec MM Gérard et Teissier le comité de direction.

Dans ces Assemblées et comités, les personnes qui les composeront auront autant de voix qu'elles posséderont de parts.

6. A la fin de la Société par l'expiration du terme fixé pour sa durée ou pour toute autre cause, le produit de la réalisation de l'actif servira d'abord à rembourser les actions ou obligations représentant le capital versé, et le surplus après paiement de toutes les dettes et charges sera partagé comme bénéfices nets entre les porteurs de parts.

7. Au cas où l'un ou l'autre de MM Gérard et Teissier , ou tous deux, cesseraient volontairement leurs fonctions d'administrateurs et de gérants de la Maison Maillard avant la fin du dixième exercice annuel, les parts qui leur sont présentement attribuées cesseraient de leur appartenir, et reviendraient à la disposition de la Société qui pourrait soit les attribuer en tout ou partie à un ou plusieurs nouveau gérants, soit les répartir entre les autres porteurs de part dans la proportion des titres possédés par chacun d'eux.

En-cas de décès MM Gérard et Teissier ou de l'un d'eux avant la fin du 5ème exercice annuel, leurs héritiers ou ayants droits n'auraient plus droit qu'a la moitié des parts que possédait leur auteur, et cette moitié pourrait être au choix de la Société, ou laissée aux héritiers, ou rachetée par elle en comptant pour la valeur d'une part le total des bénéfices nets qui lui aurait été attribué pendant les 3 derniers exercices annuels, ou 3 fois le bénéfice de l'exercice s'il n'y avait alors qu'un de couru, ou 3 fois la moyenne des 2 s'il n'y en avait alors que 2 courus.

En-cas de décès MM Gérard et Teissier ou de l'un d'eux avant la fin du 5ème exercice annuel avant la fin du 10ème exercice annuel, leurs héritiers n'auraient droit qu'aux trois quarts des parts que possédait leur auteur, ces trois quarts pouvant être rachetées par la Société sur les bases ci-dessus.

8. Mr Teissier doit partir au premier jour pour New-York afin d'étudier et de vérifier la valeur et l'état de la Maison Maillard, s'il la trouve dans une situation favorable, et s'il lui est démontré que les bénéfices nets annuels se sont élevés comme l'a annoncé M. Maillard à environ 350.000 ou 400.000 $ pendant les derniers exercices, Mr Teissier est dès à présent autorisé à réaliser l'option qui lui a été consentie par le vendeur.
Les soussignés examineraient ensuite l'opportunité de convertir les présentes conventions en une Société à constituer selon la Loi des États-Unis, ou selon la Loi française ; en tout cas les stipulations de cette Société devront être semblables aux présentes ou n'en différer qu'en la forme ou sur des points de détail.

Fait et signé en deux originaux à Paris le Mars 1907.

°Teissier : directeur du Chocolat Lombart

PROJET D'ORGANISATION

Document non officiel, probablement un brouillon de note à caractère privée

Direction du personnel

  1. A la tête de l'affaire se trouverait un manager responsable français. Etant donné les appointements actuels dans la société Maillard, son traitement devrait être de (…) frs + 25 000frs + un intérêt. Le directeur serait français, il resterait en contact permanent avec nous en assurant la direction de l'affaire sous notre contrôle. Il aurait notre procuration pour la signature sociale.
  2. Après le manager il faudrait avoir 3 chefs de service à la tête des 9 principaux services.
    a. Service fabrication (usine).
    b. Magasin de détail et restaurant.
    c. Affaire de gros
    .
  3. A la tête du service fabrication, un français ou un suisse, mais en principe il faudrait laisser les hommes en place en les doublant par des hommes "dressés" par nous qui les remplaceraient au besoin. Nous pourrions conserver les américains en les encadrant de français. Pour ces postes il faudrait compter entre 12 000 à 15 000 frs de traitement en les intéressant dans leurs services respectifs ; au service fabrication, dans le prix de revient, au magasin et restaurant, par des gueltes (remises), au affaires de gros, par une commission.
  4. A Paris nous formerions un service qui serait le lien entre Paris et New-York. Celui qui en serait à la tête pourrait se déplacer facilement pour aller inspecter ce qui se place là-bas. Sous nos ordres, une correspondance régulière, avec feuille détaillées par service serait échangée à chaque courrier entre les 2 maisons.
  5. Enfin, notre contrôle annuel s'exercerait par une visite annuelle.

L'usine

Les ouvriers spécialistes seraient envoyés de France. La situation particulière de l'affaire permettrait, au besoin, un roulement avec les éléments de Paris. Ce serait une amélioration sur ce qui existe, Maillard ayant beaucoup de peine à recruter son personnel.

Les achats

Les achats se feraient à New-York et contrôlés à Paris. Toutefois, les marchandises de luxe, les cartonnages, impressions, paquetages, seraient achetés directement à Paris. La aussi, un échange de marchandises pourrait se faire en ce sens que les articles similaires pourraient servir aux 2 maisons.

 

 

 



 

 

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