HENRI LIORET
Henri Lioret voit
le jour en 1848 à Moret-sur-Loing en Seine et Marne le 26 juillet.
Il est fils d'horloger, l'avenir lui semble ainsi tout tracé et durant
les trentes premières années de son existence il occupera la
profession de son père dans sa ville natale.
Mais cet isolement géographique ne peut satisfaire le jeune Lioret,
inventif, dynamique et doté d'une grande créativité.
Le siècle en cours porté sur la recherche, l'innovation et l'industrialisation
convient parfaitement à cet esprit bouillonnant. Les expositions multiples
affichant la compétitivité et les talents du moment se déroulent
dans les grandes capitales européennes. Henri Lioret suivra le mouvement
et s'installera à Paris en 1870.
De collaborations
en dépôts de brevets, Henri Lioret commence à se faire
un nom dans son domaine de prédilection qui est encore l'horlogerie.
Point d'orgue de ses réalisations, en 1881, une montre appelée
"Cigale". Cette dernière possède un dispositif de
réveil constitué d'une plaque vibrante restituant un son rappelant
le chant d'une cigale. Une étape vient d'être franchie avant
une plus large diffusion du son par l'intermédiaire des phonographes.
En 1890 Henri Lioret
est contacté par Émile Jumeau fabricant de poupée portant
son nom.
Cette future collaboration portera sur la sonorisation du "bébé
Jumeau" par l'intermédiaire d'un phonographe miniature installé
dans le corps du jouet. Ce nouveau challenge lui fera développer les
premiers fondements d'un phonographe à son nom mais également
déposer un brevet sur un nouveau cylindre inusable, (l'ancêtre
du disque vinyl) résistant aux chocs affligés le cas présent
par les petits propriétaires de poupées Jumeau.
Ses qualités d'horloger associés à un perpétuel
besoin d'innover lui font entrevoir la mutation de son activité.
Celle-ci se tournera définitivement ver la restitution du son par l'intermédiaire
d'une création continue et soutenue de Lioretgraphs..
LE KIOSQUE MUSICAL MENIER
En
1893, Gaston Menier soigne son image de "Marque".
Il fait appel à Revon et Paul Kahn pour fabriquer, 93 rue d'Oberkamps
à Paris, un kiosque en tôle lithographiée.
Le toit est recouvert d"écailles et entouré d'une frise.
Au sommet pointe une flêche. C'est la réplique du Kiosque
à journaux de la société Grant et Cie et non celle
de la colonne Morris.
Un premier kiosque voit le jour en 1893. Il sera suivi en 1900 d'un second
modèle.
Ces deux productions seront destinées à un très large
public contrairement au kiosque musical équipé d'un Lioretgraph
qui sera réservé aux grossites revendeurs des produits Menier.
Probablement fabriqué en 1898, sa production ne dépassera
pas la centaine. D'une hauteur de 48 centimètres, son centre abrite
un mécanisme déjà utilisé pour la réalisation
d'un autre jouet musical.
Doté d'un cylindre d'une durée de 30 secondes, Henri
Lioret propose à la maison Menier un support publicitaire nouveau
:
la réclame parlée.
Une voie masculine vante le fameux chocolat Menier
[Trompette...]
"Demandez le chocolat Menier,
le meilleur de tous les chocolats !
Il n'y a certainement rien de meilleur
que le chocolat Ménier !
[Trompette...]
Surtout évitez les nombreuses
contrefaçons !"
A LIRE
Les textes ci dessus sont une libre interprétation du livre de Julien Anton consacré au fruit de sa passion :
" Henri Lioret, un horloger pionnier du phonographe"
Livre d'un collectionneur soucieux d'apporter vie et histoire aux
pièces uniques qu'il possède. A la lecture des pages consacrées
à Henri Lioret, on découvre un artisan pionnier de la fabrication
française du phonographe oublié et marginalisé par
la puissance industrielle de ses concurrents étrangers.
L'histoire du phonographe est à reconsidérer à la lecture
de cet ouvrage et Henri Lioret retrouve de fait sa place au Panthéon
des inventeurs et créateurs du phonographe.
Voilà le message subliminal que distille finement le livre de Julien
Anton. L'ouvrage est destiné aux passionnés de phonographes
mais également aux amateurs d'histoire à la recherche d'un
patrimoine bien vivant.
Le
livre de Julien Anton est à votre disposition sur le site de Julien
Anton :
PHONORAMA
Alain Lateb
Avec l'aimable autorisation de Julien Anton